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Témoignages et résultats

Témoignage et résultats
Daniel Coutant et son fils, éleveurs en Maine et Loire.
Daniel Coutant
En 93, j’ai failli arrêter ce métier
Éleveur vaches laitières et allaitantes.
2011
Maulevrier
49360
Maine-et-Loire

Culture/Production

Daniel Coutant avec son fils Maxime et Jean-Paul Vivion sont en GAEC (GAEC des champs fleuris) à Maulévrier (Maine et Loire).

 

L'exploitation : 231 hectares dont 42 ha de céréales et méteils, 10 ha de maïs, 74 ha de prairies naturelles et le reste en prairies temporaires. 470 000 litres de quota laitier, 70 vaches de race Montbéliarde En viande, 33 vaches allaitantes de race limousine.  

Produit/Usage

  • Bactériolit (depuis 1994) / Pour valoriser les effluents d'élevage.
  • Bactériosol concentré (depuis 1994) / Fertilisation naturelle des prairies et des céréales.
  • Semences (depuis ) / Pour avoir une production fourragère autonome.

Témoignage

" Par hasard, je me suis retrouvé face à un commercial de la SOBAC. Je cherchais déjà à l’époque une nouvelle façon de travailler, je tâtonnais et ça a fait tilt sur le coup. Je sortais d’une période très intensive et ce qui m’a plu c’est de travailler sur la vie du sol. En 92/93, j’étais déjà en train de tout revoir avec la remise en place de l’herbe. Je me posais pleins de questions sur comment restructurer, comment remettre en place des rotations.
On en est resté là et Marcel Mézy et Patrick Fabre, deux des patrons de la SOBAC, sont venus me trouver en septembre 1993. Ce qui m’a accroché c’est que c’était quelque chose de simple à utiliser, qu’on utilisait partout, sur toutes les cultures. Les autres procédés étaient beaucoup plus compliqués. Après, il fallait croire à la démarche.

Je ne savais pas du tout ce que ça allait donner mais leur langage correspondait à ce que je recherchais dans toute la chaîne, du sol jusqu’à l’animal et même au-delà. 


Au printemps 94, on est partis sur les prairies.

 

Les premiers signes que nous avons vus assez rapidement, c’est de l’observation sur la flore, sur la production, sur l’appétence. En 90, l’autonomie était déjà mon cheval de bataille

 

Dans mon métier d’agriculteur je n’ai jamais pu concevoir qu’on puisse dépendre de l’extérieur. On m’a souvent aligné là-dessus en me disant : « Qu’est ce que tu vas t’embêter à produire des protéines alors que le soja est si peu cher ? » J’ai entendu ça pendant quinze ans. 

C’est l’arrivée du maïs qui a tout déséquilibré. Il a alors fallu aller chercher l’équilibre à l’extérieur notamment avec le soja. Mon père est le premier que j’ai entendu dire : « Ça va nous faire du bien mais ça va aussi nous faire du mal ». On a été en super intensif pendant quinze ans et on s’est rendu compte qu’on dérivait complètement. Les sols ne suivaient pas. 
Dans les années 90, quand je me suis retrouvé tout seul, j’ai remis en place tous les systèmes que j’avais connus dans ma jeunesse avec toujours l’obsession de l’autonomie. Je sais que mon fils, Maxime, quand il parlait de ce qu’on faisait à l’école, on lui riait au nez. Il me disait souvent : « Pourquoi tu ne veux pas faire comme tout le monde ? ». Un jour je lui ai dit : « Tu vas aller en stage, tu verras que tous les systèmes fonctionnent s’ils sont bien faits ». Cela lui a ouvert les yeux.

 

Il a vu qu’au bout du compte, on avait plus de marge

 

La première année, on a travaillé en Bactériosol et l’année suivante on s’est mis au Bactériolit. Sur le terrain, en se mettant à quatre pattes, en observant le sol, on a vu des choses qui évoluaient. On s’est rendu compte de l’évolution des fumiers en compost. On a appris à les utiliser, on les a mieux considérés. On n’a pas tiré de conclusions, on a seulement appris à utiliser un procédé. Marcel Mézy dit un truc très juste. Il parle « d’équilibre ». Il disait : « Ça rééquilibrera les sols. Les cultures, les fourrages, on arrivera à un équilibre ». Il faut toujours être en quête de cet équilibre, ne pas en sortir. 
Le déclic ça a été quand j’ai labouré un champ et que j’ai retrouvé les fanes de la culture d’avant, intactes dans le sol. J’ai retrouvé les pieds de maïs intacts comme si on les avait mis au frigo. Aucune décomposition. Là, je me suis dit qu’on avait touché le fond. 
Entre 93 et 98, j’ai réorganisé l’exploitation, j’ai remis en place les rotations qui sont le nerf de la guerre. La diminution des intrants jusqu’à leur disparition s’est faite en parallèle. La machine était en route. J’ai arrêté les engrais complets pour les maïs, les scories, les phosphates qui ne servaient à rien, la chaux.

Aller à contre-courant d’un état d’esprit général, c’est dur. On avait un peu tous les techniciens de coop et de la Chambre contre nous. Ils vont un peu comme le vent les pousse et en fait, c’est nous qui les faisons avancer. Même si ce n’est pas ce qu’ils disent. Aujourd’hui à 50 ans, j’ai le sentiment de ne pas avoir travaillé dans le vide et avec le recul, je rigole.

Avec tout ce que j’ai entendu, tout ce qu’on m’a dit, aujourd’hui on vient frapper à ma porte

 

Ce qui dérange toutes les instances bien pensantes c’est qu’on est encore là. Je ne sais pas si eux, ils se remettent en question.
 Sans prétention, je pense que dans la réflexion, on a toujours eu un temps d’avance. Quand eux se posent la question, on se l’est déjà posée il y a deux ou trois ans.  

 

En 93, j’ai failli arrêter ce métier. Si je n’avais pas trouvé une autre voie, j’aurais sûrement décroché. L’agriculture ne m’intéressait plus


J’ai réappris la patience et aussi l’observation. Je ne peux pas banaliser mon métier. Ce n’est jamais fini. Et si demain on trouve mieux, eh bien, il faudra se remettre en question. 
Une fois qu’on a refait la base, il y a plein de solutions qui s’offrent à vous. Mais il faut que le socle soit en bon état.  

Comme on est beaucoup moins intensif et qu’on prend le temps d’observer, on sent les choses avant l’heure. Mon troupeau se porte très bien, la production n’a pas baissé par rapport à il y a 20 ans. Sur le plan sanitaire, c’est la même chose. L’exploitation a grandi, on a de plus en plus d’animaux et ils sont en bonne santé.


Le potentiel des animaux s’exprime pleinement dans un système qui me coûte beaucoup moins cher. Et c’est bien plus gratifiant parce qu’on se sent plus à l’aise autant dans la façon de conduire les cultures que dans la façon de conduire son troupeau. On a gagné en souplesse.

Au départ je n’avais pas cette volonté de produire plus propre. La priorité, c’était l’autonomie fourragère et alimentaire. Réussir à prouver qu’on peut y arriver. S’il fallait revenir en arrière, je préfèrerais arrêter. 

 

La nourriture des vaches, l’équilibre des rations, ce n’est pas une question de litres de lait en plus ou en moins, c’est une question de santé animale. Toujours ces questions d’équilibre chères à Marcel Mézy. J’ai réappris à observer, à réfléchir, à me dire : « Tiens, ça manque de fibres ou d’autre chose ». On rééquilibre et l’effet est immédiat. C’est notre regard qui a changé. 

Ce n’est quand même pas normal que ce soit quelqu’un de l’extérieur qui trouve les solutions pour vous. Ce qui me plaît, c’est quand un gars vient me trouver, qu’il s’interroge, qu’il me pose des questions. Je me dis : Encore un qui a fait un pas de plus. Mais il y a aussi tous ceux qui disent : « A quoi bon changer, ça marche bien comme ça ». 
La prise de conscience est en route. Mais souvent par la contrainte de la sécheresse ou des mesures environnementales. C’est ça qui est dommage. 

 

Il y a 17 ans que je suis dans la démarche SOBAC mais je suis persuadé que ce n’est jamais fini. Il faut toujours avancer

 

C’est ce qui est intéressant. Alors qu’à une époque, j’étais jeune et j’avais déjà fait le tour de mon métier. 

Le problème des gens, c’est que trois semaines après avoir reçu leur big-bag de Bactériosol, ils veulent voir des résultats. On ne peut pas avoir matraqué ses sols comme on l’a fait pendant quinze ou vingt ans et penser que tout va revenir du jour au lendemain. Ce serait trop simple. 
On a optimisé la production de l’exploitation. Quand on compare nos résultats, on est dans la moyenne. J’ai toujours été branché autonomie et qualité des fourrages. Sur la qualité, il n’y a pas photo. J’ai arrêté le maïs ensilage. Je ne cherche pas la performance des animaux à tout prix.  Certains, qui sont obnubilés par la performance, en oublient les fondamentaux, notamment au niveau de l’alimentation du troupeau. 
Enfin, et ce n’est pas négligeable, quand nous épandons nos fumiers et même nos lisiers, personne aujourd’hui ne le sait car il n’y a pas plus d’odeurs. Alors qu’avant c’était une infection ». 
 

Résultats

Ils utilisent du Bactériolit pour valoriser les effluents d'élevage, du Bactériosol pour apporter une fertilisation naturelle sur les prairies et céréales et des semences pour gagner en autonomie. 

 

  • Développement de la flore.
  • Meilleure appétence des vaches.
  • Rééquilibrage des sols.
  • Un système qui coûte beaucoup moins cher.
  • Plus de souplesse dans le travail.
  • Plus d'autonomie fourragère et alimentaire.
  • Meilleure qualité des fourrages.
  • Les fumiers n'ont plus d'odeurs.