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Témoignages et résultats

Témoignage et résultats
Éleveurs de brebis en Aveyron
Biologique
René et Laurent Wilfrid
On n’avait rien à changer pour passer en bio
Éleveurs de brebis laitières et vaches allaitantes.
2010
Arvieu
12120
Aveyron

Culture/Production

Laurent, René et Pierre Wilfrid sont éleveurs BIO (brebis laitières et vaches allaitantes) en Aveyron. Il font partie des tous premiers utilisateurs de solutions SOBAC et sont des pionniers dans le BIO.

 

L'exploitation : 180 hectares / SAU 750 brebis laitières 70 vaches allaitantes.

Produit/Usage

  • Bactériosol concentré (depuis 1992) / Pour augmenter la fertilité des sols naturellement.
  • Bactériolit (depuis 1992) / Pour valoriser les effluents d'élevage.

Témoignage

C’est une bien belle histoire que celle de cette famille Wilfrid. Au départ, il y a eu le père René et sa femme, installés sur une ferme de 42 hectares où ils élevaient des brebis laitières. Dans les années 90, ils ont rencontré les frères Fabre, co-gérants de la SOBAC. Curieux de tout, René se met très vite au Bactériolit et au Bactériosol. Il ira jusqu’à témoigner devant le tribunal de Rodez pour défendre Marcel Mézy. 

René a vite fait de transmettre sa passion à ses enfants Laurent et Pierre. Etudes au Lycée agricole jusqu’au BTA, et en 97 pour Laurent et en 98 pour Pierre, les fils rejoignent leur père. Ils reprennent alors une exploitation de 60 hectares à 6 kilomètres de la ferme familiale et décide d’attaquer une reconversion en bio. L’an dernier, ils ont repris l’exploitation d’un voisin, 70 hectares SAU en vaches allaitantes limousines qu’ils ont mis également en reconversion bio.

 

" Au début, mon père travaillait en conventionnel avec des engrais chimiques et il s’est posé des questions. On avait des tas de fumiers devant les bergeries dont il ne savait pas quoi faire. En 86, il a rencontré la famille Fabre qui lui a présenté son produit ". 

 

René : « On s’est posé la question : Pourquoi est-ce qu’on n’utiliserait pas mieux nos fumiers ? On a commencé à faire des essais qui se sont montrés concluants et on a abandonné tout ce qui était engrais.

 

Économiquement, c’était mieux

 

A l’époque, on utilisait dix tonnes de chaux, 4 ou 5 tonnes d’engrais azotés et tout ça a été supprimé. 

 

La première année ce n’est pas évident. On ne croit pas au produit tant qu’on n’a pas vu les résultats. C’est vrai que quand on voit le voisin partir avec le semoir d’engrais et que nous on attend que ça pousse, ce n’est pas évident.  Mais à la sortie, quand on voit le résultat, on se dit qu’il valait mieux se tenir à l’ombre que partir avec le semoir. A l’époque on avait 600 tonnes de fumier à traiter.

 

Il y a une confiance dans le produit qui s’est installée et on a évolué dans ce sens. On s’y est mis à cent pour cent. Et un jour, il y a un représentant de la laiterie qui est venu nous demander si on voulait passer en bio. C’était au tout début de la période où on commençait à parler de l’agriculture biologique. Comme on était déjà dans cette démarche avec le Bactériolit et le Bactériosol, on s’est aperçu qu’on n’avait rien à changer pour passer en bio et là on s’est dit : pourquoi pas ? On a réalisé que ça nous permettrait de valoriser un peu mieux ce travail.

 Ça ne suffit pas de se dire « on va passer en bio parce qu’il y a la sucette au bout, parce qu’il y a une plus-value ».  En conventionnel, la terre n’est qu’un support. Vous labourez, vous mettez de l’engrais, vous semez ; s’il y a les conditions climatiques, ça pousse. Tandis que nous, on nourrit la terre, et elle nous redonne ce dont la plante a besoin ». 

 

Laurent : « Maintenant toute l’exploitation c’est fumier et Bactériolit et ce qui manque en fumier c’est Bactériosol. Si on n’a pas assez de fumier pour passer toute l’exploitation d’un coup, on échelonne tous les ans, on fait une rotation ». 

 

René : « Même si on saute une année, il n’y a pas de problèmes. On avait des terres qui n’étaient pas très souples mais comme on a amélioré la vie microbienne de ces terres, elles sont devenues très souples.

 

Il n’y a plus besoin de préparation de sols

 

Et quand il pleut, il y a une meilleure infiltration de l’eau. Plus il y a d’enracinement, plus l’eau s’infiltre. C’est à la chasse que je le remarque le plus, quand je passe d’une de nos parcelles à celle d’un voisin. La texture de la terre n’est pas la même ».

 

Laurent : « Il y a des gens qui auront beau voir nos résultats, c’est dans la tête. « S’ils ne sortent pas le semoir surtout pour l’engrais azoté, ça ne va pas. C’est vrai qu’avec l’ammonitrate, s’il y a un peu de rosée, deux jours après vous voyez la différence. Ça les rassure. 

Avec mon frère, nous avons tous les deux un BTA agricole. Ça fait quinze ans que je suis sorti de l’école mais tout de suite j’ai pris le contre-pied de ce qu’on m’avait appris. Maintenant apparemment dans les lycées agricoles ça a un peu changé ». 

 

René : « Avant, s’installer en bio c’était la bête noire, ça gênait beaucoup de monde.  Bactériolit aussi ça a gêné beaucoup de monde. La preuve on est allé les défendre au tribunal. A Rodez j’ai fait partie des témoins qui ont été appelés à la barre. Il fallait vraiment qu’on y croit dans ce produit et dans ces hommes.

Bien sûr que nous sommes des pionniers et quelque part c’est un honneur.

 

Avec la SOBAC, nous avons grandi ensemble, nous avons appris ensemble, nous avons progressé ensemble

 

Laurent : « Ce n’est pas évident à expliquer mais c’est vrai que quand je leur expliquai comment je travaillais, les copains, les profs ils rigolaient presque. Mon père était déjà dans cette démarche et puis nous ça a semblé naturel de continuer. On voyait quand même le résultat en avançant ».

 

René : « Ceux qui sont en conventionnel, ce qui leur fait peur pour entrer dans une démarche comme la nôtre, c’est de ne plus mettre de l’azote ou de ne plus pouvoir désherber.  Je leur dis souvent : Si tôt que vous voyez une herbe dans une céréale, il vous semble tout de suite que c’est une mauvaise herbe et qu’il faut désherber. Avant même que l’herbe soit sortie, vous labourez, vous semez, vous désherbez. Ça n’a pas de sens. J’ai l’exemple d’un voisin qui chaque année sulfate sa parcelle pour les rumex. Il s’empoisonne d’ailleurs à chaque fois qu’il y va et il a souvent des problèmes de santé. Mais ce n’est pas pour ça qu’il y a moins de rumex. Il en a même de plus en plus. On a une parcelle qu’on a échangé avec lui. A l’époque nous aussi nous étions envahis par les rumex. Nous avions donc fait une rotation sur cette parcelle et un jour il m’a dit : Si un jour tu n’as plus de rumex sur ta parcelle, c’est que t’es bon. Et bien quand il l’a reprise il y a trois ou quatre ans, il n’y avait plus un rumex sur cette parcelle qui en était farcie. Il y a simplement des rotations à respecter.

 

Au départ on produisait pour Roquefort Papillon parce qu’ils étaient les premiers à avoir un débouché en Roquefort bio mais on ne valorisait pas toute notre production.

 

Il y a sept ou huit ans, nous avons monté un GIE à plusieurs producteurs et aujourd’hui nous avons des transformateurs un peu partout en France. Sans intermédiaires

 

Chaque jour quand le lait s’en va du tank, on sait qu’il va à tel endroit, pour tel prix. Sans intermédiaires, ça amène une vraie plus-value au produit. J’ai toujours dit que les multinationales qui vendent les produits chimiques pour la terre, pour empoisonner le monde, à l’autre bout de la chaîne, elles vous vendent les médicaments pour vous soigner. Alors, pour détrôner ça …

Les chambres d’Agriculture sont obligées d’évoluer. Je me rappelle avoir été convoqué à des réunions pour discuter comment on travaillait avec le fumier et on les attend encore pour faire les visites de terrains. Je leur disais qu’il n’y avait pas besoin d’analyses, qu’à l’’œil nu ça se voyait. On était les bêtes noires. Maintenant dans « La Volonté Paysanne » toutes les semaines il y a une demie-page ou une page sur l’agriculture bio, ça me fait rire quand je vois comment ils ont été à un moment ». 

 

Laurent : « Les jalousies, les moqueries, ça n’a pas été dur car on y a jamais prêté attention. On a laissé dire les autres ».

 

René : « Il y a bien eu des gens à dire : le Bactériolit et le Bactériosol ils le mettent le jour mais l’ammonitrate ils la mettent la nuit. 

Il y a encore des gens qui nous disent que nous avons de belles récoltes mais qui n’osent pas y aller. 

Il faut arrêter de raisonner en rendement.

 

Ce qu’il faut voir c’est le prix de revient à l’hectare est là, je sais que nous sommes largement gagnants

 

Il faut se détacher de cette course au rendement qui n’a pas de sens si elle est sortie de son contexte économique.

Au niveau rendement ou au niveau fourrage, on envie pas les voisins. 

Dans le bio déjà, les bêtes ne sont pas menées de la même façon. On n’a pas les mêmes problèmes sanitaires qu’on avait avant. Quand vous avez des bêtes qui mangent que du fourrage, des céréales faites à base de produits chimiques ou des ensilages, c’est sûr que vous avez plus de problèmes. 

 

Ce qui nous a motivés c’est de voir que nos parents étaient déjà inscrits dans cette démarche. On voyait les effets du travail sur la production. 

La ferme que nous venons d’acquérir, vous verriez déjà le changement au bout d’un an. Nous avons traité en partie en Bactériolit et en partie en Bactériosol. Ça se ressent déjà sur l’herbe, tant d’un point de vue qualitatif que quantitatif et déjà le troupeau semble plus en forme. 

Nous avons des prairies dans une vallée assez froide. Cette année, il a fait assez froid en avril, il y avait encore de la gelée blanche fin avril. On avait mis le fumier traité Bactériolit vers le 15 mars et quand on en avait plus on avait mis du Bactériosol. Avec la gelée blanche, l’herbe était sous le fumier, elle poussait, elle soulevait le fumier, et en dessous tu voyais un trèfle, mon pauvre ! La où on avait mis le Bactériosol depuis un mois il n’avait pas plu, il n’avait donc pas encore fait effet. C’était flagrant la différence. Et là, tu es content, tu as le sentiment d’avoir bien travaillé. 

A l’école, on n’apprend pas aux jeunes à observer. On leur dit : Tu mets ça, ça et ça à telles dates. Il y a beaucoup d’agriculteurs que ne savent plus observer ce que leur dit la prairie, comment ça pousse. Ça ne s’observe pas en regardant de la route.  

Moi j’ai toujours eu l’œil. Un jour j’avais dit à Patrick Fabre : tu ne vois rien ? Il avait neigé très légèrement et il n’y avait que sur mes parcelles que la neige avait fondu. Parce que là il y avait une vie microbienne qui réchauffe les sols. Ça avait suffi à la faire fondre. 

 

Notre terre est de la même souplesse que la terre des jardins

 

Au niveau des légumes du jardin il y a une vraie différence aussi. Sur les asperges, c’est incroyable ! 

Dans les prairies, vous prenez une tige de ray-grass ou de luzerne poussée au fumier traité Bactériolit et vous allez chez le voisin chercher la même, à même maturité, poussée à l’azote, à l’ammonitrate. D’un côté la tige sera pleine et de l’autre, elle sera creuse. 

Celle au Bactério, aura peut-être mis un peu plus de temps à pousser mais la tige sera pleine. L’autre, ce n’est que de l’eau. 

Il y a un rééquilibre qui s’est fait au niveau des sols et les plantes se défendent mieux, résistent mieux aux parasites.

Unicor ou RAGT ils ont des techniciens sur le terrain qui poussent à la consommation. Ils ne passent plus ici ou alors les jeunes qui viennent d’être embauchés mais ils ne passent qu’une fois. 

Ça fait vingt ans qu’on n’a pas employé de chaux. On avait des parcelles très en pente ou le ph était à 4,5 et après passage du Bactériosol, un an après il était monté à 5,5. 

On a senti un changement depuis le Grenelle de l’Environnement. On s’est senti un peu moins abandonnés.  Maintenant, c’est le défilé des fabricants d’aliments mais nous nous restons fidèles à ceux qui ont cru en nous au début. Quand nous étions marginalisés. C’est logique ".

Résultats

Ils utilisent du Bactériolit pour traiter et valoriser les fumiers et du Bactériosol pour fertiliser naturellement là où ils n'ont pas épandu de fumiers ensemencés au Bactériolit, faute de quantité. 

 

  • Amélioration de la vie microbienne des sols.
  • Les terres sont devenues très souples.
  • Plus besoin de préparation des sols.
  • Une meilleure infiltration de l'eau.
  • Meilleure texture de la terre.
  • Plus de rumex.
  • De belles récoltes.
  • Meilleur prix de revient à l'hectare.
  • Meilleure santé du troupeau.
  • Des plantations de meilleure qualité.
  • Les plantes résistent mieux aux parasites. 
  • Meilleur PH