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Témoignages et résultats

Témoignage et résultats
Etude sanitaire  sur l'élevage bovins allaitant réalisée par SOBAC et plusieurs cabinets vétérinaires.
Fabien Lagoutte
Une meilleure valorisation alimentaire du côté SOBAC
Vétérinaire
2019
Rieupeyroux
12240
Aveyron

Culture/Production

Fabien Lagoutte, vétérinaire à Rieupeyroux (12).

Témoignage

Fabien Lagoutte a participé à la mise en œuvre de l'étude sanitaire initiée par SOBAC afin d’évaluer l’impact des technologies Marcel Mézy sur la santé des animaux. Il nous livre ses impressions dans ce témoignage. 

(Retrouvez l'étude complète à la fin du témoignage.)

 

FABIEN LAGOUTTE ET SOBAC

 

"J’ai connu SOBAC via des clients qui sont utilisateurs. Je suis allé sur le site internet SOBAC pour voir ce qu’il en était. J’estime qu’en tant que vétérinaire, je dois savoir un peu ce que les gens font chez eux pour pouvoir les accompagner en fonction de leur sensibilité. Je voulais savoir ce qu’ils venaient chercher dans le procédé SOBAC et comment ils l’utilisaient. J’ai contacté directement SOBAC pour avoir une présentation de ce qu’ils faisaient. C’est une entreprise basée dans l’Aveyron. Je trouvais dommage qu’on ne se connaisse pas mieux." 

 

LA MISE EN PLACE DE L’ÉTUDE

 

"Jérôme Delort, responsable régional SOBAC, m’a ensuite contacté pour voir si je pouvais accompagner Aurélie Boubal, une stagiaire, dans une étude sanitaire, pour avoir l’avis technique d’un vétérinaire sur ce qu’elle était en train de mettre en place. Les échanges ont porté sur : Quels sont les paramètres que l’on peut analyser pour évaluer l’impact du procédé SOBAC sur le sanitaire ? J’ai expliqué qu’on avait beaucoup d’échangeurs entre l’entrée de l’autoroute "SOBAC" et la sortie d’autoroute "veaux en bonne santé". A la même période, nous avions étudié la même problématique sur notre clientèle, c’est-à-dire comment évaluer l’état de santé des veaux et de leurs mères en fonction de leur alimentation. Outre les facteurs environnementaux de la litière, c’est essentiellement l’assimilation alimentaire de la mère qui prime. J’ai toujours été intéressé par l’alimentation des bovins. Je leur ai expliqué ce qui, à mon sens, pouvait être fait pour évaluer cela en analyses de laboratoire. L’idée était d’inclure dix élevages SOBAC et dix non SOBAC dans l’étude avec à chaque fois cinq vaches et leur veau. Tous ces élevages sélectionnés ont une bonne gestion de troupeau. De mon point de vue, la santé du veau est obligatoirement liée à celle de la vache mais il y a des biais entre-temps, les fameuses bretelles d’autoroute, qu’on a zappées et notamment la gestion de l’éleveur autour du vêlage. Ce qui a été convenu, c’est de prélever un échantillon de vaches en une fois et les veaux entre deux et six jours d’âge, au fur et à mesure qu’ils naissaient. Ce qui a permis d’évaluer à la fois le transfert colostral sur les veaux et le statut sanitaire des vaches."

 

UNE MEILLEURE VALORISATION ALIMENTAIRE DU CÔTÉ SOBAC

 

"La principale différence qu’on a vue, c’est sur les analyses sanguines des vaches. Elle était en faveur d’une alimentation mieux équilibrée, mieux valorisée du côté SOBAC. Sur la minéralisation, sur l’équilibre azoté, sur le niveau énergétique, on avait des résultats qui étaient sensiblement meilleurs sur les élevages SOBAC. Il aurait fallu avoir plusieurs centaines de mères de chaque côté pour pouvoir dire statistiquement si cette tendance se confirme. On avait un meilleur équilibre énergétique avec une meilleure valorisation par les animaux. On a toutes les chances d’avoir un colostrum de meilleure qualité et donc des veaux qui vont avoir une meilleure croissance.

J’ai conseillé à Aurélie, stagiaire en charge de l’étude, de donner un score aux animaux sur chaque paramètre qui a été mesuré. C’est à dire, si on prend l’exemple du calcium, on avait un score satisfaisant, satisfaisant limite, non satisfaisant et non satisfaisant extrême. Plus le score était faible sur le calcium, plus ça voulait dire qu’il n’y avait pas de carence. Sur les oligo-éléments, on était sur le même principe. Sur les lots SOBAC, on avait globalement très peu de carences. C’étaient les scores les plus nets car on avait vraiment observé une répartition des animaux qui était assez homogène."

 

TOUTES LES CHANCES DE MIEUX SE PASSER SUR LES ÉLEVAGES SOBAC

 

"Ce qui m’a peut-être le plus interpellé, ce sont les résultats en oligo-éléments qui, dans l’ensemble, étaient plutôt corrects par rapport à ce qu’on voit en pratique quotidienne. Aussi bien du côté SOBAC que témoin, c’étaient des éleveurs avec une technicité certaine, des élevages où on sent qu’il y a du suivi. Ça diffère beaucoup de notre activité car nous intervenons plus souvent sur des élevages à problèmes. La qualité des fourrages, c’est une des bretelles d’autoroute qu’on n’a pas trop sondée. Tout ce que je peux dire en tant que vétérinaire c’est que pour les animaux, compte-tenu des résultats des analyses sanguines de l’étude, ça a toutes les chances de mieux se passer sur les élevages SOBAC. C’est un ressenti, je pense qu’on est avec des éleveurs qui ont un peu plus la main sur leur alimentation. Globalement, on est sur des statuts énergétiques qui sont meilleurs et sur des statuts minéraux qui ont une légère tendance à être meilleurs." 

 

POUR AVOIR DE BONS FOURRAGES, IL FAUT AVOIR DES MÉTHODES DE GESTION CULTURALE LIÉES À SON TERROIR

 

"Le facteur de variation sur l’immunité du veau dépend du statut immunitaire et alimentaire de sa mère. Il va falloir qu’elle ait le carburant nécessaire pour produire du bon colostrum. L’immunité du veau, contrairement à ce qui se passe chez l’homme, n’est régie que par le colostrum de sa mère. Le problème vient du fait que la qualité du colostrum dépend du statut immunitaire et alimentaire de la vache qui est lui-même dépendant des pratiques alimentaires de l’éleveur. S’il ne donne pas une nourriture de qualité à ses vaches, elles ne vont pas avoir le carburant nécessaire pour produire du bon colostrum. 

Ainsi, on arrive à la dernière bretelle d’autoroute. Pour avoir de bons fourrages, il faut avoir des méthodes de gestion culturale liées à son terroir. C’est là qu’est censé intervenir le procédé SOBAC. C’est l’éleveur qui globalement, dans son exploitation, a plus ou moins la mainmise sur l’ensemble des leviers."
 

IL EST ASSEZ COMPLIQUÉ D’ENVISAGER LA SANTÉ DES ANIMAUX SANS AVOIR D’INFORMATIONS SUR L’ÉQUILIBRE ALIMENTAIRE

 

"Dans l’ensemble les élevages sont bien gérés. En général, les éleveurs SOBAC n’ont pas la même vision, notamment sur les cultures. C’est sur ce point que l’on voit des différences. Concernant les éleveurs de ma clientèle utilisant les produits SOBAC, ce sont souvent des gens qui ont été confrontés à des soucis sanitaires. Ils ont fait un peu le tour de la question et ils se rendent compte qu’on a du mal à s’en sortir sans gérer l’alimentation. Ce sont souvent des éleveurs qui ont relevé la tête. Nous les vétérinaires, notre objectif c’est d’accompagner nos éleveurs. Quand on propose des solutions, il nous est difficile de savoir si elles sont correctement appliquées. Or il est vite reproché l’échec de telle ou telle mesure qui n’a pas toujours été appliquée comme conseillé, ce qui peut être assez mal supporté à la fois par le vétérinaire et l’éleveur lors d’échecs du préventif. Je suis très intéressé par l’alimentation des bovins et il est rare qu’on n’ait pas au moins une explication alimentaire partielle sur des troubles qui sont récurrents. L’alimentation et le sanitaire sont souvent très cloisonnés chez l’éleveur. Le sanitaire c’est du rôle du véto, l’alimentation c’est du rôle du nutritionniste et du technicien. Le problème, c’est qu’il est assez compliqué d’envisager la santé des animaux sans avoir d’informations sur l’équilibre alimentaire. Et inversement. Les barrières ne tombent pas toutes seules, mais on tape dedans pour qu’elles tombent. Il y a encore des éleveurs chez qui il est très compliqué de parler d’alimentation."
 

LES MARQUEURS RETENUS

 

"On a analysé des marqueurs de la valorisation énergétique, des marqueurs de la valorisation azotée mais aussi l’estimation du stock minéral circulant.  Calcium, phosphore représentaient la partie minérale. La partie énergétique était évaluée avec le glucose, les corps cétoniques et les gamma GT. Sur la partie protéique, on a dosé l’urée qui est un peu le gaz d’échappement. Il n’y a pas de fumée sans feu, donc il n’y a pas d’urée sans apports protéiques. Si on a un problème dans la carburation, on va avoir des taux d’urée qui vont monter très haut. C’est à la fois un marqueur de manque d’apports et de gros excès. Les deux autres marqueurs des apports protéiques sont l’albumine et les protéines totales. Ça permet de mesurer l’état d’hydratation des animaux. Ça permet aussi d’évaluer les états de carence sévères et chroniques. Si on a une urée qui reste très basse pendant très longtemps, on va avoir l’albumine et les protéines totales qui vont se retrouver très basses parce qu’on est en état de dénutrition. 

 

Sur la partie minérale, on a pris le calcium et le phosphore qui sont les deux minéraux essentiels, susceptibles d’avoir un effet sur la production de lait et de colostrum notamment. On a regardé ensuite les trois oligo-éléments majeurs, le cuivre, le zinc et le sélénium. Cela permet aussi de sonder la technicité des élevages. Sur la partie minérale, calcium phosphore, la tendance est meilleure du côté SOBAC mais avec un peu plus de variabilité d’un troupeau à l’autre. C’est surtout le score cumulé calcium/ phosphore qui est meilleur

Cette étude a eu pour vertu de poser les pierres, de débroussailler le terrain et de savoir où on peut maintenant creuser. Désormais, il faudrait rependre les autres carrefours, notamment le carrefour fourrage avec ses teneurs en oligo-éléments, en minéraux ainsi que sa valorisation azotée. 

Si on ne devait garder qu’une chose sur les analyses sanguines effectuées, ce serait l’urée. Et si on devait en garder deux, ce serait l’urée et le glucose. Au niveau urée, les exploitations SOBAC sont beaucoup mieux positionnées. Dans ces élevages il y a peu de manque mais il n’y a pas non plus d’excès. La monoculture, c’est sécurisant dans la routine de l’éleveur, pour ses stocks, mais ce n’est pas du tout bon pour les animaux. Les éleveurs SOBAC sont très souvent déjà passés sur de la rotation, sur du multi-espèces, donc ils sont déjà dans un cercle vertueux.
 

EN CONCLUSION

Cette étude a permis, sur des effectifs restreints, de mettre en évidence des tendances quant à une globale meilleure valorisation alimentaire dans les élevages utilisant les procédés SOBAC. Les effectifs sont à ce stade limitants pour donner toute conclusion statistiquement validée. Cette étude permet de soulever des pistes de travail pour l’avenir. Parmi les éléments les plus marquants de cette étude, je retiendrai le fait qu’en prenant la main sur leurs pratiques alimentaires, les éleveurs (SOBAC ou non) permettent à leurs animaux de mieux valoriser la ration, et ainsi d’assurer un meilleur transfert immunitaire aux veaux. C’est ensuite un cercle vertueux pour l’éleveur, car cette valorisation se traduit en gain de temps, en rentabilité économique, et par une sensation de mieux maîtriser ses pratiques."

 

Lire l'étude complète