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Témoignages et résultats

Élevage caprin : « Avec SOBAC, on sécurise notre autonomie »

Témoignage et résultats
cPhilippe Praud et Raphaël Boisriveau auprès de leurs chèvres au GAEC La Louise Anne, à Aizenay

Philippe Praud et Raphaël Boisriveau — GAEC La Louise Anne

Ils témoignent de prairies plus productives, d’une meilleure valorisation des effluents et d’une réduction de certains intrants.
> 800 À 850 CHÈVRES ALPINES EN LACTATION > 270 À 280 CHEVRETTES DE RENOUVELLEMENT > 220 HA D’EXPLOITATION : 35 HA DE MAÏS ENSILAGE, 20 HA DE LUZERNE, 20 HA DE PRAIRIES DE FOIN, BLÉ, FÉVEROLE, SOJA, MAÏS GRAIN
2026
Aizenay
85190
Vendée

Témoignage

Propos recueillis en octobre 2025.

 

Philippe Praud et Raphaël Boisriveau conduisent le GAEC La Louise Anne à Aizenay avec une idée forte : construire un système autonome, résilient et durable autour du troupeau caprin. Depuis plusieurs années, les deux associés font progressivement évoluer leur système : autonomie alimentaire, réduction des intrants, amélioration de la qualité des fourrages, travail sur les sols vivants et meilleure résilience climatique. Dans cette évolution globale, SOBAC est devenu un vrai levier pour gagner en autonomie et sécuriser l’avenir.

 

« SOBAC a renforcé notre volonté d’autonomie »

Philippe Praud : « Notre objectif, c’est la pérennité du système. On veut produire davantage avec ce qu’on a chez nous et être le plus autonome possible. En 2015, nous avons déjà commencé à travailler sur les graines germées de féverole et de soja pour améliorer la qualité alimentaire du troupeau. Aujourd’hui, nous allons encore plus loin avec la création d’une FAF (Fabrique d’Aliments à la Ferme) pour valoriser directement nos cultures et nos fourrages issus de la fertilisation SOBAC. »

« Le fumier nourrit désormais vraiment le sol »

Les premiers essais SOBAC démarrent en 2018. Très rapidement, les associés observent des évolutions majeures sur les effluents et sur les sols. Philippe Praud : « Quand on curait les bâtiments, l’odeur d’ammoniac était très forte. Aujourd’hui, elle a quasiment disparu et a laissé place à une odeur de terreau. Le fumier se décompose beaucoup plus vite et il est mieux absorbé par les sols. On voit revenir les vers de terre et toute une activité biologique. Les résidus de maïs qui mettaient parfois près de deux ans à se dégrader disparaissent désormais en quelques mois. »

« Les prairies sont plus productives et plus appétentes »

Le changement devient ensuite très visible sur les fourrages. Les apports de fumier passent progressivement de 40 t/ha à seulement 15 t/ha tout en améliorant la productivité des cultures. Philippe Praud : « Les prairies produisent mieux et surtout elles sont beaucoup plus appétentes. On voit clairement que les chèvres valorisent mieux les fourrages. Les luzernes, qui n’ont jamais reçu ni chlorure de potasse ni chaux, sont impressionnantes. »

« Il y a un vrai cercle vertueux »

Au fil des années, les associés constatent que l’amélioration des sols agit directement sur l’ensemble du système : meilleure qualité des fourrages, meilleure valorisation alimentaire, amélioration sanitaire, meilleure résistance climatique et baisse des intrants. Philippe Praud : « Aujourd’hui, on cherche moins la performance brute que l’équilibre global du système. Avec SOBAC, on produit des fourrages de qualité, on améliore la santé du troupeau et on sécurise notre autonomie. »

 

« Les sols résistent mieux aux excès climatiques »

L’évolution des sols devient particulièrement visible lors des années climatiques compliquées. Raphaël Boisriveau : « On voit une vraie résistance à la sécheresse. Les maïs restent verts plus longtemps et l’enracinement est bien meilleur. » Mais on voit aussi l’effet inverse : les parcelles sont beaucoup plus perméables lors des excès d’eau. En 2024, malgré les fortes pluies et les tempêtes, aucune parcelle de maïs n’était couchée.

Les associés développent également les couverts végétaux et les mélanges multi-espèces pour renforcer encore davantage la structure et la résilience des sols.

« On réduit fortement les intrants »

Progressivement, l’exploitation réduit fortement ses apports. Raphaël Boisriveau : « Aujourd’hui, nous avons arrêté la chaux et le chlorure de potasse. Nous utilisons beaucoup moins d’azote sur les maïs et plus rien sur les prairies. Sur les blés, nous avons réduit les fongicides d’environ 50 %. Même lors d’années très favorables aux maladies, certaines parcelles chez nous restaient propres alors que la rouille ou la septoriose se développaient ailleurs. »

« On ne veut plus revivre ce qu’on a connu »

Le travail sur la qualité des fourrages répond aussi à une problématique sanitaire forte. En 2013, le troupeau avait été fortement touché par des mycotoxines présentes dans les fourrages, entraînant ensuite des problèmes d’entérotoxémie et la perte de 150 animaux. Philippe Praud : « Cette période nous a profondément marqués. Aujourd’hui, on sait à quel point la qualité des fourrages est essentielle. Avec SOBAC et tout le travail engagé sur les sols, on produit des fourrages beaucoup plus équilibrés et beaucoup plus sécurisants pour le troupeau. »

« Toute cette évolution, on ne l’aurait pas faite seuls »

Le GAEC poursuit aujourd’hui sa transformation vers davantage d’autonomie alimentaire et agronomique. Le développement de la FAF permettra bientôt de fabriquer directement les aliments du troupeau à partir des cultures produites sur l’exploitation. Raphaël Boisriveau : « Avec le stockage des aliments et la FAF, on va encore plus loin dans le concept SOBAC : autonomie durable, qualité des fourrages et équilibre des rations. »

 

 

LES RÉSULTATS

> Forte baisse des odeurs d’ammoniac dans les
bâtiments
> Fumiers mieux décomposés et plus rapidement
valorisés
> Prairies plus productives et plus appétentes
> Retour visible des vers de terre et de la vie biologique
> Luzernes performantes sans chaux ni chlorure
de potasse
> Maïs plus résistants à la sécheresse et aux excès d’eau
> Réduction de 50% des fongicides sur blé
> Meilleure sécurité sanitaire grâce à des fourrages plus
équilibrés
> Autonomie alimentaire renforcée grâce au développement
de la FAF